Lorsque la démonétisation fut annoncée le 8 novembre 2016 nous avons digéré les faits, parcouru le pays pour en évaluer l'impact et abouti à la conclusion que cela allait avoir un impact douloureux sur l'économie.

Ajit Dayal, fondateur de Quantum

Nous avions bien anticipé les chiffres de l’économie mais supputé que le marché s’orienterait dans le sens opposé à celui qu’il a pris”

Après des mois de report de publication des chiffres, il apparaît clairement que:

  1. Le PNB a été sévèrement touché: au deuxième trimestre 2017 il s’est contracté aux alentours de 5.7% et à moins de 6% pour les deux trimestres précédents;
  2. Le revenu des ménages ruraux et les résultats des entreprises souffrent, obligeant les pouvoirs publics au niveau des états comme au niveau fédéral à provisionner trois fois ce qu’ils avaient programmé en soutien à la création d’emplois en zone rurale et au revenu des foyers;
  3. Le but annoncé d’éliminer l’argent sale était certes louable mais il a échoué. Peut-être l’intention du gouvernement était-elle surtout de priver les partis d’opposition de leurs magots. – quitte à ce que cela ne déstabilise l’économie. Dans tout ce marasme, on peut se demander si, au moins, la réforme a permis de lutter contre le trafic d’argent sale et la corruption.

Les investisseurs étrangers ont acheté l’Inde dans l’espoir d’un retour à de meilleurs résultats depuis mai 2014. Ils ont patienté trois longues années…et vont devoir continuer à patienter.

Mais leur «pari» s’est avéré payant, de substantiels flux domestiques, auxquels sont venus s’ajouter 70 milliards de dollars américains (USD) d’investissements étrangers depuis l’élection de Modi au poste de Premier Ministre, ayant provoqué un véritable rallye boursier.

Personne ne semble se soucier du manque de visibilité sur les résultats : l’Inde est un investissement  «thématique».

Ne vous méprenez pas : nous sommes de fervents défenseurs du scénario indien sur le long terme, mais du point de vue des valorisations, notre modèle propriétaire suggère un potentiel de hausse de 25% (en Roupie Indienne – INR) sur les 2 prochaines années, pour un risque de baisse de 12% en cas de retour à la moyenne.

Pas si mal – dans un monde en quête désespérée de croissance.

Nous considérons néanmoins qu’il est actuellement préférable de n’allouer que 50 à 75% de ce que vous souhaitez détenir en Inde sur le long terme – et de conserver une puissance de feu supplémentaire pour répondre à notre demande de plus de capital lorsque les marchés des actions auront baissé et représenteront une meilleure opportunité.