A l’heure où les taux d’intérêt sont bas, qu’UBS ne rémunérera plus les comptes d’épargnes, quelles sont les alternatives pour un investisseur ou un rentier d’obtenir un rendement?

Un peu d’histoire

L’épargnant suisse ou étranger avait l’habitude de créer un compte d’épargne qui lui serait utile lors d’un achat ou à l’heure d’une retraite bien méritée. Il pouvait compter sur une rente provenant de son AVS ou de son deuxième pilier qui suffisait, théoriquement, à préserver son train de vie. Le tableau suivant montre que les taux d’intérêt moyen de la période allant de 1980 à 1990 suffisaient à couvrir une grande partie de ses dépenses (considérant que l’épargnant avait mis de l’argent de côté).

Source: BNS

Certes, les taux hypothécaires étaient largement supérieur à ceux que nous connaissons actuellement mais le rendement des emprunts de la confédération à 10 ans offraient 4% voire plus de 6% en 1990 pendant la période concernée.

Actuellement, la situation est différente. Les emprunts de la Confédération « offrent » des intérêts négatifs (tout comme le Bund en Allemagne). L’espoir d’un placement « hors risque » est donc réduit à néant.

Taux d’intérêt au comptant pour une durée résiduelle de 10 ans des obligations de la Confédération

Si nous jetons un regard sur l’histoire, nous voyons que les taux n’ont jamais été aussi bas et, malheureusement, les perspectives ne sont guère réjouissantes.

Source: La Vie économique 5/2017, Peter Kugler

Alors que faire ?

Une solution réside dans la diversification des sources de revenus. L’immobilier semble être une alternative mais qui n’est pas l’apanage de tout le monde. Les grandes caisses de pension et les assurances sont les investisseurs de prédilection dans la pierre. Les sommes sont importantes et les rendements nets ne dépassent guère les 3,5%.

Restent les actions. Mais pas n’importe lesquelles. Le rendement du dividende n’est pas le seul facteur qui motive l’achat d’un titre. Plusieurs facteurs sont pris en compte.

Le dividende : un peu de théorie

1. Rendement en dividendes

Il s’agit de la mesure la plus simple pour comprendre une action à dividende. Pour calculer le rendement d’un dividende, vous divisez les paiements de dividende annuels de la société par action par le prix de l’action. Ainsi, si une action verse 1 franc en dividendes annuels et se négocie à 10 francs par action, le rendement du dividende est de 10%.

Les investisseurs utilisent souvent les rendements en dividendes pour comparer le potentiel de revenu des actions à d’autres investissements générant des revenus, tels que les obligations. Avec un rendement de dividende en main, il est facile de comprendre le revenu de dividende que vous pourriez gagner en investissant 10 000 CHF dans une action ou un fonds d’actions donné, et de le comparer à des alternatives.

2. Ratios de distribution

Les ratios de distribution sont importants pour comprendre la capacité d’une entreprise à payer son dividende actuel. Le ratio de distribution de dividende classique est calculé en divisant les dividendes annuels par action d’une entreprise par son bénéfice par action. Ainsi, si au cours d’une année, une société gagne 5 francs par action et distribue des dividendes de 2 francs, le ratio de distribution sera alors de 40%.

Certains investisseurs vont encore plus loin dans ce calcul en calculant un ratio de distribution basé sur les flux de trésorerie disponibles plutôt que sur le revenu net. Pour ce faire, il suffit de diviser les dividendes par action d’une société par son flux de trésorerie disponible par action pour obtenir une estimation plus conservatrice de sa capacité à verser des dividendes.

Pour cette raison, il n’est pas rare que les sociétés à forte intensité de capital gagnent beaucoup plus en bénéfice net que les flux de trésorerie disponibles, en particulier si elles sont en croissance. Les comptables disent souvent que “vous ne pouvez pas payer vos factures avec un revenu net”, raison pour laquelle les investisseurs soucieux des dividendes remplacent souvent leur revenu net par des flux de trésorerie disponibles dans le calcul du ratio de distribution d’une entreprise.

3. Politique de dividende

De nombreuses sociétés ont une politique de dividende déclarée ou implicite qui peut être obtenue à partir d’une combinaison de déclarations de résultats, de conférences téléphoniques ou de comportements historiques. Une société peut spécifiquement cibler un certain ratio de distribution en déclarant au marché qu’elle a l’intention de restituer un certain pourcentage de son revenu aux investisseurs sous la forme d’un dividende au fil du temps.

Dividendes versés par 5 sociétés suisses de 2004 à 2019

La diversification

Une erreur commune des nouveaux investisseurs en dividendes est de se concentrer uniquement sur le potentiel de revenu et d’ignorer d’autres principes d’investissement importants, tels que l’importance de la diversification. Étant donné que certains types de sociétés offrent des rendements plus élevés que d’autres, la construction d’un portefeuille ne reposant que sur les rendements créera un portefeuille fortement investi dans une petite partie seulement du marché boursier.

Il faut donc tenir compte des risques sectoriels en plus de ceux liés aux titres individuels. Une surpondération dans plusieurs sociétés de télécommunication peut s’avérer dangereuse si une vague de baisse de dividende se propage dans tout le secteur suite à des investissements massifs en infrastructure.

Pour un investisseur désireux d’investir dans d’autres pays, le choix peut se porter sur des fonds de placement ayant un politique d’investissement basée sur les sociétés payant régulièrement des dividendes. En mixant des investissements en titres individuels et en fonds de placement, la diversification prend toute sa signification.

Risque et opportunité

Un investissement dans des obligations de la Confédération comporte moins de risque qu’un investissement dans les actions, même de qualité. L’investisseur doit comprendre qu’il aura un portefeuille plus volatile en ayant des actions. Mais la patience reste la mère des vertus (en 2008 les marchés ont fortement baissé et même des actions comme Roche ou Novartis ont perdu près de 40%. Les dividendes ont même augmenté et les titres ont récupéré le terrain perdu).

Un investissement dans des titres de qualité et versant régulièrement des dividendes sera source de rendement dans un monde de taux d’intérêt bas.