L’incertitude pèse sur l’Europe et les USA remontent parce qu’il n’y a pas autant de barils que prévu dans les stocks. Quelle vie passionnante nous avons.

L’Audio du 29 août 2019

Moins tu pédales plus fort, plus tu avances moins vite

Il y a quelques années maintenant, j’écrivais cette chronique tous les matins et j’en avais pour 4-5, voir 6 pages. Depuis le début de l’année j’arrive péniblement à boucler trois pages, et encore c’est en faisant des circonvolutions dans tous les sens. Soyons très clairs, plus les jours passent, plus y a rien à dire.

La séance d’hier se résume en une gestion de l’incertitude en Europe – histoire qu’elle ne pèse pas trop sur les indices. Les traders ont passé la journée à se raconter leurs peurs au sujet de la Trade War, mais quand on regarde la clôture, ils auraient aussi pu rester à la maison regarder l’US OPEN à la télé, si le décalage horaire était avec eux, mais hélas, Roland-Garros c’est fin mai.

Aux USA, on a entamé la séance dans le rouge à cause de la Trade War et de l’inversion de la courbe des taux qui empirait encore entre le 2 ans et le 10 ans. Même si la Maison Blanche tente de calmer le jeu lorsque l’on parle de « récession » – les intervenants commencent quand même à se poser des questions, parce qu’entre escalade de Trade War et inversion de la courbe, faudrait être aveugle pour ne pas anticiper la chose.

Et puis finalement, y avait moins de pétrole et pas plus d’idées

Et puis, alors que l’incertitude nous guettait et que la récession était à nos portes et que CNBC commençait à faire des émissions du style « comment manger avec 2 dollars par jour à Manhattan » – les inventaires pétroliers sont sortis et le marché a rebondit parce que quand même … ça faisait pas beaucoup de pétrole en stock.

Des fois le trader est binaire et l’investisseur facilement convaincu. Les experts en pétrole se sont donc gourés encore une fois – ou plutôt : comme d’habitude, devrais-je dire – et l’on s’est rendu compte que les stocks étaient bien faibles. Bref, les acheteurs ont acheté du pétrole, des pétrolières et tout le reste a suivi. Et puis ce matin, on prend le mêmes et on recommence : l’Asie est en baisse à cause des incertitudes sur laTrade War et aussi à cause des craintes sur l’inflation.

Moi je vous le dis, si je ne revenais pas vacances, je repartirais.

Inflation ou Trade War, ou Inflation, Trade War et Inflation ?

Nous avons donc la confirmation que Trump a le monde dans ses mains et que tant qu’il ne « tweet » pas son courroux ou sa joie, le marché patine dans la semoule avec les mêmes histoires encore et encore. D’un côté ceux qui prêchent pour le Krach boursier aiguisent leurs épées ; hier nous avions Takada qui nous prédisait un Lehman 2, le retour de la vengeance des banques et aujourd’hui on nous ressort Michael Burry, un de ceux qui avait prédit la crise du Subprime en 2008 et qui avait shorté les mortgage backed securities, qui nous prédit cette fois qu’il y a une bulle en construction dans le « passive investing ».

L’emmerdement maximum dans lequel se trouve le marché depuis quelques temps, semble un terrain propice pour ceux qui n’avaient plus rien à dire depuis 10 ans.

Ce matin en Asie

Donc ce matin l’Asie est en baisse de trois fois rien mais c’est à cause de la récession qui arrive et de la Trade War, forcément. Puis l’or repasse au-dessus des 1550 afin de tenter cette accélération que tout le monde attend et le pétrole repasse les 55$ puisque soudainement, on a peur de se retrouver à sec.

Côté nouvelles du jour, Boris Johnson fait déjà parler de lui avec le BREXIT, puisque le Premier Ministre vient de suspendre le parlement pour un mois – ça hurle dans tous les coins, mais comme la Reine Mère l’a approuvé, il n’y a pas grand-chose à faire. La date butoir du 31 octobre approchant à grands-pas et le parlement étant suspendu – on voit assez mal comment ils auraient le temps de trouver une autre solution que le No-Deal…

Pendant ce temps, en Italie, on tente de trouver une solution et si possible avant le week-end, parce qu’il y a foot. Pourquoi j’ai le sentiment qu’en Italie c’est soit ils sont pas contents, soit ils n’ont plus de gouvernement et ils sont pas contents quand même ?

Désintox

Autrement on apprend que la Chine est en train de se « mettre en place » pour éviter d’être trop dépendante des USA. Que la monnaie chinoise continue de se faire démonter et que ça chauffe toujours dans la région de Hong Kong avec de nouvelles troupes massées à la frontière.

Pendant ce temps, aux USA, on a de nouveau signaux pas bons sur l’économie : les riches ne dépensent plus ! Etat de fait qui pourrait se répercuter sur l’économie, la croissance et nous enfoncer encore plus dans la récession évidente qui arrive. Les preuves s’accumulent : tout d’abord l’immobilier de haut de gamme connait sa pire année depuis 2008, les détaillants de luxe galèrent alors que Walmart et Target cartonnent – bon de là à dire que les super riches vont faire leurs courses chez Walmart, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, mais quand même…

Aux enchères de Pebble Beach, les voitures très très chères ne se sont pas si bien vendues que ça et puis sur le Q1 2019 – les ventes d’œuvres d’art ont pécloté pour la première fois depuis des années. On n’offre plus de Picasso pour la rentrée, mais seulement une boîte de crayons de couleurs.

Ça, plus la courbe des taux, la Trade War et le fait que les Dacia se vendent comme des petits pains, je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus pour aller acheter des kilos de riz afin de les stocker dans le cabanon au fond du jardin…

Chiffres économiques

Pour les chiffres économiques, nous aurons les chiffres du chômage en Suisse et en Allemagne, le GDP en France et aux USA et puis les Américains annonceront également les Jobless Claims.

Pour le moment les futures sont en baisse à cause de – je vous le donne en mille – les incertitudes sur la Trade War et la récession qui arrive au grand galop et ceci, jusqu’au prochain tweet qui changera la donne et noiera le poisson.

Passez une excellente journée et peut-être à demain.

Thomas Veillet

Investir.ch

“I’m learning to love myself. It’s the hardest thing I’ve ever done.”