Il y a des jours où rien ne peut faire baisser le marché et des jours où rien ne va tout court. Hier c’était une mauvaise journée.

L’Audio du 25 septembre 2019

Récession

L’Europe ne voulait pas avancer, ne voulait rien savoir. Il n’y avait pas grand-chose à dire ou à noter, si ce n’est que les paroles de Draghi qui dataient de lundi pesaient encore sur le moral des investisseurs. L’Union Européenne est au bord de la récession – si elle n’y est pas déjà et les soutiens de « sa » banque centrale n’y fera rien ; quand t’es déjà à zéro, ce n’est pas en allant à -0.5% que ça va changer la photo finish quand rien ne va et plus rien ne bouge.

Draghi l’a dit ; l’Europe est loin de se sortir de la gonfle dans laquelle elle, se trouve et ça ne sera pas facile. J’imagine que la « crise » en Angleterre avec « l’affaire Johnson », Johnson qui est déjà discrédité après deux mois au gouvernement et la probabilité d’un BREXIT qui est bientôt passé au stade de la légende presque autant que le Monstre du Loch Ness, n’aide pas  n’aidera pas. Hier l’Europe avait peur de tout ça et a terminé en baisse.

Les bonnes nouvelles du Trade Deal n’ont pas suffi

Aux USA ce n’était pas mieux, mais pas pour les mêmes raisons. Tout d’abord on a commencé la journée avec une force relative qui était principalement générée par les « bonnes nouvelles » annoncées par Mnuchin au sujet du Trade Deal, les Chinois étaient toujours attendus à Washington dans la première quinzaine d’octobre et les négociations n’étaient pas remises en cause.

Puis les chiffres du Consumer Confidence sont sortis en-dessous des attentes. Alors il faut quand même savoir que l’investisseur moyen n’est pas toujours intéressé par ces chiffres. Même souvent il s’en fout complètement, sauf que des fois, quand on ne sait plus quoi faire, on se souvient que le moteur de la croissance américaine c’est le consommateur et si le consommateur n’a pas confiance, c’est un tacle dans la croissance américaine. Hier c’était le déclencheur des premiers ordres de ventes, parce qu’il fallait quand même prendre une direction.

Après la confiance, la destitution

Ensuite on est passé au stade « politique ». Depuis des mois nous sommes obsédés par la « Géopolitique », mais depuis hier c’est la politique tout court qui a pris le dessus. Donc Trump aurait demander au Président Ukrainien d’enquêter sur son rival, Joe Biden. Ceci viole la constitution, comme coucher avec sa stagiaire, même si techniquement Clinton n’avait pas eu de relations sexuelles au sens biblique du terme. Trump n’a joué avec aucun cigare dans son bureau ovale, mais il aurait demandé de fouiller dans les poubelles du fils de Biden, Hunter Biden. En même temps, quand tu t’appelles Hunter Biden, tu mérites un peu quand même.

Les Démocrates sont donc fous de joie et Nancy Pelosi a demandé formellement une enquête avec pour but de destituer le Président. Concrètement une tripotée de sous-commissions va enquêter, s’ils trouvent de quoi juger Trump, destitution sera demandée devant le Congrès – à majorité Démocrate – puis le Président sera jugé devant le Sénat où les Républicains sont majoritaires. Et comme la majorité des deux-tiers est indispensable, c’est peu probable que ça fonctionne. Au pire ça va planter la campagne de Biden et à la fin Trump sera réélu.

Le marché n’a pas aimé

Mais bon, le marché n’a pas aimé le principe et a donc terminé en baisse. Ce n’était pas non plus des ventes de panique, mais on sent bien de toutes façons que les intervenants ne sont plus à l’aise depuis quelques jours et ce genre de scénario n’arrange clairement personne.

De son coté, Trump a déclassifié toutes les informations relatives à ce sujet pour prouver son innocence et mettre fin à cette « chasse aux sorcières », selon lui. Il est clair que si le Président peut prouver qu’il n’a rien fait, Biden et Pelosi seront morts politiquement et à moins que George Clooney se présente à l’élection présidentielle de l’an prochain, on voit mal qui empêcherait Trump de doubler son mandat et de rendre l’Amérique encore plus GREAT. Quoi qu’il en soit, les marchés ont baissé hier et ça continue ce matin.

Vents contraires en Asie

Cette nuit, la Banque de Développement Asiatique a publié un rapport qui laisse entendre que les tensions politico-économiques et la Trade War ou le Trade Deal, selon la saison, sont susceptibles de mettre à mal l’économie de la région. Ils estiment que la croissance pour cette année dans la région serait de 5.4% et de 5.5% l’an prochain, légèrement en-dessous des prévisions précédentes. C’est vrai qu’il fallait un rapport et de longues études d’économie pour nous dire – 16 mois après le début de la guerre économique – que ça pourrait impacter la croissance de la région.

Mais peu importe, comme on aime bien réagir à des écrits qui sont rédigés par des gens brillants et compétents qui ont pris des cours sur Excel, les marchés de la région sont un poil sous pression ce matin.

La Chine recule de 0.6%, Hong Kong de 1% et le Japon de 0.4%. L’or remonte à 1536$, la raison principale est évidente, je ne vais pas vous faire un dessin et le pétrole revient sous les 57$ – en gros on n’en a déjà plus rien à foutre de l’attaque des drones et des 5.7 millions de barils qui sont partis en fumée. À ce rythme-là, il va falloir planifier une nouvelle attaque des Iraniens bientôt pour faire remonter le baril, sinon ça va gêner le bon déroulement de l’IPO d’Aramco.

Nouvelles du jour

Dans les nouvelles du jour, on voit que les « grands » de ce monde sont assez mal barrés ce matin. Trump est sous menace de destitution, Boris Johnson a dû rentrer à la maison après le scandale lié à la Reine et sa tentative de manipulation du parlement. Le patron de WeWork quitte son poste de CEO. L’action UBER est au fond du bac. Le patron de Volkswagen est poursuivi par la justice pour avoir magouillé sur les émissions de diesel et le Crédit Suisse se ridiculise dans la presse pour avoir engagé un détective privé pour suivre un de ses tops managers qui partait à la concurrence. Difficile de faire plus pathétique ce matin. Et encore je ne parle même pas de Maudet qui fait le coq dans la presse depuis trois jours.

Chiffres économiques du jour

Dans la presse d’aujourd’hui il n’y a pas « le bear du mercredi ». Visiblement CNBC était trop occupé avec l’affaire Trump-Hunter Biden pour trouver quelqu’un qui veuille vomir sur le marché. Côté chiffres économique nous aurons le climat de consommation en Allemagne, le nombre de demandeurs d’emploi en France et les inventaires pétroliers version EIA. Pour le reste, nous allons suivre le feuilleton destitution et personnellement, je serais Trump j’enverrai balader les Chinois, je lancerais une attaque de Drones sur l’Iran et je me fâcherais avec l’Europe, histoire de noyer le poisson et de faire écran de fumée.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.2% et Trump est toujours Président.

En attendant le prochain épisode, je vous souhaite une très belle journée et on se voit demain. Courage, la semaine est presque terminée et vous n’aurez pas à me supporter la semaine prochaine.

Thomas Veillet

Investir.ch

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