Comme prévu dans le calendrier depuis toujours, après août arrive septembre. Et comme toujours depuis que le monde merveilleux des statistiques existe, le mois de septembre est et sera pourri. Quand ça commence comme ça, ça promet.

L’Audio du 2 septembre 2019

On s’attend au pire, mais pas aujourd’hui parce que c’est fermé

Je dois dire que j’adore commencer la semaine en sachant que les USA sont fermés pour cause de « labor day » et que, dans la foulée la plupart des infos du matin pointent déjà en direction de la dépression nerveuse et du cocktail d’anti-dépresseurs à la place du repas de midi.

Commencer le mois en se disant que ça sera tout pourri est quand même quelque chose de spécial, mais en même temps, si j’essaie de me souvenir, c’est un peu récurrent. Un peu comme le « sell in May and go away », le « Christmas Rally », le « so goes January so goes the year », sans oublier le « rallye d’été ». Il est donc toujours de bon ton de commencer le mois de septembre en se disant que ça sera la merde et que l’on aurait meilleur temps de partir se planquer aux Bahamas pendant un mois. Quoi que peut-être pas là tout de suite. Entre des vents à 350 kilomètres à l’heure et la perspective de voir le marché baisser des 1% (statistiquement), je crois que je vais prendre la seconde solution.

L’immobilisme

En tous les cas, rien n’a changé depuis vendredi, les futures sont en baisse ce matin parce que l’on vient de souvenir que ce matin, Américains et Chinois allaient commencer à se taxer parmi à chaque gadget importé de chez l’un ou de chez l’autre. Bon, en même temps le future S&P en baisse de 0.35% à 3h30 du matin le lundi un jour férié aux USA, ça a à peu près autant de valeur que chercher la corrélation entre la baisse des marchés en septembre et le nombre de fondues moitié-moitié consommées durant la canicule.

Quoi qu’il en soit, ce matin on a « peur » de la mise en place des tarifs – surtout parce qu’il faut bien avoir quelque chose à dire aux clients et aux médias, bien qu’il suffirait que Trump annonce qu’il a invité Xi Jinping à faire un billard à Camp David la semaine prochaine, pour que la photo instantanée change de couleur et que les gestions algorithmiques commencent à pagayer dans l’autre sens.

Comme d’habitude : Trump et la macro

Le mois devrait donc être tout pourri, mais tout dépendra – comme d’habitude – de Trump et de la macro, puisque depuis quelques mois nous avons pris l’habitude de plus investir en pensant à autre chose que les taux vont-ils baisser et Trump va-t-il tweeter.

Pour l’instant le Président est en week-end prolongé et, en ce qui concerne les taux, on attendra les chiffres de l’emploi américain qui sortiront vendredi pour commencer à spéculer sur les futures décisions de Jerome Powell qui auront la capacité de nous faire mentir les statistiques de septembre qui sont si propres, si belles et si évidentes. Trop parfois.

Dans le range pour l’or et pour le marché

Ce matin l’Asie est dans le rouge un peu partout. Les chiffres économiques chinois ne sont pas extraordinaires (mais en même temps, vu l’ambiance, qui est surpris) et puis les protestations à Hong Kong continuent – on dirait vraiment que les manifestants ne veulent pas lâcher et qu’ils aimeraient vraiment voir l’armée chinoise intervenir. Mais les marchés sont tendus et ne préféreraient quand même pas.

Graphique du S&P500 – source : Investing.com

L’or est toujours coincé dans son range entre 1500 et 1550 – un peu comme le S&P500 patine depuis 30 jours entre 2825 et 2940 – quand on sortira des deux ranges simultanément, on y verra plus clair et normalement dans deux sens différents. Pendant ce temps, le pétrole consolide autour des 55$ et je reste convaincu qu’il va finir l’année 20% plus haut. Sur base de quoi ? Aucune idée, mais depuis quand il faut justifier ses sentiments alors que la moitié de la planète traite sur base d’un compte Twitter ?

Nouvelles du jour

Aujourd’hui il faut donc retenir que les USA sont fermés. Que Michel Barnier pense qu’il y a peu de chance de trouver un deal pour le BREXIT, que Boris Johnson s’en tape comme de sa première coupe de cheveux, que l’Argentine déploie un contrôle des changes pour empêcher les capitaux de quitter le pays et que Neymar est toujours au PSG.

On parle également des nouveaux tarifs douaniers qui se mettent en place, de l’arrivée prochaine de Christine Lagarde à la BCE et de ce qu’elle pourra ou pourrait faire pour sauver l’Europe, c’est-à-dire pas grand-chose – à moins qu’elle ait passé l’été à Poudlard et que Dumbledore lui ait confié quelques techniques que Draghi n’avait pas comprises. Le Wall Street Journal annonce également que les commandes de camions sont en baisse aux USA et que les fabricants rapportent que les transporteurs sont très méfiants et prudents pour la suite à cause de, je vous le donne en mille : des tarifs douaniers.

Chiffres du jour

Côté chiffres économiques, les Américains étant en mode bière et burgers pour le Labor Day, il ne faudra compter que sur l’Europe et une avalanche de PMI Manufacturiers. Pour le reste, autant le « mood » était correct en fin de semaine, à cause de Trump qui allait commencer des négociations avec les Chinois à – ouvrez les guillemets – « un certain niveau » – fermez les guillemets. Autant ce matin ça semble profondément déprimant parce que l’on vient SOUDAINEMENT de se rendre compte qu’après le mois d’août vient septembre et qu’en septembre ; ne te découvre pas d’un fil.

Passez une très belle journée un bon début de semaine et moi je vous retrouve demain. Allez.. Salut…

Thomas Veillet

Investir.ch

“The only mystery in life is why the kamikaze pilots wore helmets.”

– Al McGuire