Les bourses mondiales n’avaient plus été à pareille fête depuis la fin du mois de juillet et la crise de nerfs de papa Trump face aux Chinois qui n’étaient pas gentils.

L’Audio du 9 septembre 2019

Le retour des stimulus

Mais là, depuis que l’on a appris que tout le monde allait commencer à se reparler et que, finalement tout le monde avait intérêt à que ça se passe, si ce n’est bien, en tous les cas mieux, les marchés semblent avoir retrouvé un semblant d’optimisme et les Bulls, qui avaient l’air d’être devenu un animal en voie de disparition, doivent avoir trouvé un moyen de se reproduire à l’abris de tous les regards au vu du comportement des bourses mondiales.

Pourtant, quand on regarde la photo instantanée, il y a presque de quoi commencer à se ronger les ongles. En effet, vendredi dernier les chiffres de l’emploi américain étaient dessous des attentes, ce matin les chiffres japonais montrent que le Japon est dans le coma – comme depuis 25 ans, soit, mais on n’aime pas qu’on nous le rappelle – le pays du soleil levant n’avance plus parce que, je cite : « la trade war ne stimule pas le business »… et les chiffres des exportations et importations chinoises avec les USA sont en chute libre depuis la mise en place des tarifs douanier, ce qui est, vous en conviendrez ; une surprise majeure. Pour ceux qui aiment les chiffres ; les importations de produits américains en Chine étaient en baisse de 22% au mois d’août et les exportations de produits chinois aux USA étaient en baisse de 16% pour la même période.

Et pourtant on espère, on fait des incantations et on prie

Malgré toutes ces mauvaises nouvelles – et encore, je ne vous parle même pas du sketch du BREXIT qui continue en Angleterre, un sketch que même Benny Hill n’aurait pas osé mettre en images – donc même avec cette ambiance de fin de cycle et de début de récession que Roubini – où qu’il soit n’aurait pas détesté – le marché reste fort et « optimiste ». Optimiste parce que la grande mode c’est que plus les chiffres sont mauvais, plus on achète. On achète parce que l’on attend un stimulus. Un stimulus de qui ? De tout le monde.

On attend beaucoup des discussions agendées à Washington au début du mois d’octobre. On attend beaucoup du fait que les deux parties vont se parler d’ici là. Mais on attend aussi énormément de Draghi qui va nous offrir son feu d’artifice final avant de quitter la BCE – ça sera ce jeudi. Puis nous sommes également soulagés parce que Powell, qui était à Zurich la semaine dernière, a dit que la FED agirait de manière « appropriée » – ce qui était considéré comme un signe de soutien et une bonne nouvelle. En effet, apparemment certains experts s’attendaient à qu’il dise que la FED allait faire n’importe quoi et foutre un bordel indescriptible dans l’économie américaine, mais heureusement non !!!

Et puis, en plus du soutien offert par les discussions sino-américaines, la BCE et la FED, les Chinois viennent de réduire le niveau de cash que les banques sont autorisées à détenir afin de fournir plus de liquidités. Bref, le marché va bien, le marché monte, tout ça parce qu’il est « soutenu ». Par contre si quelqu’un retire l’échelle, va falloir s’accrocher au pinceau.

L’Asie et l’or

Ce matin l’Asie est légèrement en hausse, portée par cet optimisme inversé, puisque tout mauvais chiffres économique est considéré comme un appel du pied au gouvernement pour soutenir l’économie et les bourses. Ou devrais-je dire plutôt : les bourses et l’économie. Donc vu les chiffres japonais et chinois, on a le droit de ne faire plus que trois choses : acheter, attendre et espérer.

Côté or, vu que tout remonte et que l’espoir est là, les vendeurs sont de retour sur le métal jaune, les vendeurs et les articles négatifs qui estiment qu’il y a trop d’optimisme sur l’or et que trop de monde s’attend à le voir monter sans trop se poser de question. C’est un clair appel contrariant, un peu comme quand ça baisse trop sur les marchés et que le krach est annoncé et que, finalement, ça ne se « krach » pas. En résumé, autant nous étions au bord du gouffre il y a deux semaines – autant on se demande bien ce qu’on fout là aujourd’hui. Mais tant que l’on banquera sur des multiples stimulus, il y aura de l’espoir – en même temps, on devient un sacré peuple d’assistés si les bourses mondiales ne peuvent plus monter par elles-mêmes…

Nouvelles du jour

Pour les nouvelles du jour, c’est comme un lundi. On parle du BREXIT, mais on est en train de se demander si ce n’est pas comme le monstre du Loch Ness et Robin de Bois, juste une autre légende Britannique du fond des âges. Autrement on parle de Draghi qui va devoir prouver une dernière fois jeudi qu’il n’aura pas été bon qu’a toucher des bonus chez Goldman Sachs au temps de sa splendeur, mais qu’il peut aussi sauver l’Europe avant de céder les commandes à Dame Christine.

On notera aussi que le pétrole est au plus haut depuis bien longtemps, le baril vient de passer franchir les 57$ alors que l’Arabie Saoudite annonce que son Ministre du Pétrole va continuer à couper la production, histoire de prouver que, même sous Trump Premier, le baril peut monter.

Mobius et l’or

Et puis, alors que l’or rebaisse et que les détracteurs ressurgissent, Mark Mobius a réussi à se faire inviter sur CNBC pour annoncer que « tout le monde devrait détenir au moins 10% d’or dans leurs portefeuilles parce que d’ici le premier semestre 2020, le métal jaune sera à 2000 « auMINIMUM ». Mark Mobius c’est aussi un gars qui prédit le krach boursier depuis 18 mois. Alors bon, je dis ça, je dis rien…

Chiffres du jour

En ce lundi matin, c’est l’Angleterre qui sera à l’honneur – ça va nous changer de parler d’autre chose que du BREXIT et des tribulations de Boris Johnson au parlement. Londres va publier son GDP, son Trade Balance ainsi que sa production industrielle et manufacturière. Je les soupçonne de vouloir dissimuler quelque chose au peuple. Pendant ce temps, la Suisse va annoncer ses chiffres de l’emploi à elle et les Allemands viendront avec leur balance commerciale.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.2% et l’on commence à se demander si l’on va parvenir à remonter à 3’000 sur le S&P500, reste à voir si les stimulus multiples vont tenir le coup.

En attendant de savoir, je vous souhaite une très belle journée et un bon début de semaine.

 

Thomas Veillet

Investir.ch

“In three words I can sum up everything I’ve learned about life: It goes on.”

– Robert Frost