Avec un nombre incalculable d’obligations souveraines ou d’entreprises qui offrent des rendements négatifs, toute tentative de recherche de rendement positif se solde par un seul constat: il faut explorer l’univers du «High Yield».

Comme le faisait remarquer Akram Gharbi, gérant de fonds obligataires auprès de La Française, les placements sans risque rapportent moins qu’avant. Les investisseurs le savent mais il est bon de le rappeler. Le graphique suivant présente la situation en France et le constat est encore plus terrible en Suisse.

Qu’est-ce que le risque?

Reprenons l’exemple français et la définition du risque selon l’AMF (Autorité des Marchés Financiers).

En matière de placements, un rendement élevé est un rendement supérieur à celui des placements garantis. Sur les marchés financiers, la référence est le «taux sans risque», c’est-à-dire le taux d’un placement sûr. On prend généralement comme référence le taux des emprunts des Etats les plus solides. Attention, cela ne veut pas dire que le placement ne comporte aucun risque mais qu’il est considéré comme le moins risqué. Pour un épargnant français, le taux du livret A constitue une bonne référence. On peut ainsi considérer qu’un placement qui rapporte plus que le taux du livret A présente très probablement un risque. Plus l’écart avec le taux de référence est élevé, plus le risque l’est également!

Il existe aussi d’autres types de risque telle l’illiquidité de certains titres. Il est donc finalement important de choisir des fonds obligataires dont les positions sont liquides voire relativement liquides. La diversification ajoutera une couche de protection pour l’investisseur.

3 exemples de stratégies «High Yield»

La première consiste à acheter des obligations dont l’échéance est la même pour toutes. Ceci s’appelle un fonds obligataire à maturité fixe ou fonds à échéance. Théoriquement un fonds à maturité constante traditionnel se comporte mieux qu’un fonds à échéance dans un marché haussier. A contrario, dans un marché baissier, le fonds à échéance fixe sera moins exposé car comme son nom l’indique, l’échéance de toutes les obligations est la même donc pas de risque spécifiquement lié à la duration.

Prenons le fonds de La Française Rendement Global 2025. L’objectif de ce fonds est d’obtenir un rendement supérieur à l’OAT 1% échéance novembre 2025. Vu la composition du fonds, le rendement à maturité devrait se situer entre 4% et 5% en euro. Il existe des parts en CHF et en USD (les monnaies sont couvertes). Selon les monnaies choisies et la date de l’achat, les rendements évidemment varient. Rendement est égal à rente donc ce fonds dispose de part «Distribution».

Donc l’investisseur achète un panier d’obligations à haut rendement ayant une échéance fixe. Le risque existe mais il est mitigé par la diversification.

Une autre stratégie consiste à acheter un fonds d’obligations de pays émergents dont les obligations sont émises en dollar. Le fonds Emerging Market Debt de Vontobel est un très bon exemple pour illustrer cette stratégie.

Ce graphique montre que les obligations de pays émergents et celles de leurs entreprises offrent un excellent profil rendement/risque sur une période allant de décembre 2003 à août 2019.

Ce qui nous intéresse plus particulièrement c’est que les obligations souveraines sont même mieux placées que celles émises par des entreprises. Le fonds peut investir jusqu’à 10% en obligations d’entreprises et donc se concentre principalement sur les souveraines. Signalons aussi que les devises étrangères «fortes» telle l’euro sont systématiquement hedgées en USD.

Pour illustrer l’avantage d’un fonds actif par rapport à un ETF, il faut se souvenir de l’épisode argentin récent. Le gestionnaire avait un pari actif dans ce pays au travers de différentes obligations souveraines ou non. Mais comme le montre le commentaire rédigé par WS Partners, le gestionnaire du fonds a réussi à limiter la casse et à redresser la situation.

Pour les investisseurs institutionnels il existe une part «Distribution». A nouveau, il s’agit d’un exemple de diversification dans la poche rendement d’un portefeuille global.

La troisième stratégie se décline dans un fonds plus récent géré par des nouveaux venus chez Alken. En prenant comme exemple le fonds «income opportunities» dont la stratégie est globale avec une spécialisation d’exposition sur la dette listée émise par les sociétés, les gérants tirent les conclusions suivantes:

– Rendement 2019: plus de 4% en dollar avec une répartition des expositions sur le HY et l’IG mais avec une duration qui reste courte (moins de 5 ans). En 2019, on pouvait ajouter l’effet positif de la duration et de la compression des spreads de crédit.

– Rendement 2020: un niveau similaire avec une légère compression pendant l’année liée aux récentes émissions avec des coupons plus faibles et des taux de référence négatifs en Europe et en baisse aux US et en Asie. En revanche, la sélection de titres peut apporter une grande différence autour de cette observation sur la moyenne. Par ailleurs, nous attendons peu de la duration en Europe mais restons confiants aux US et en Asie qui sont des régions d’investissement offrant des rendements attrayants sous conditions d’une bonne sélection de titre. Nous pensons que la compression des spreads de crédit devient de plus en plus faible en moyenne et que la recherche des décotes dans les différentes catégories de risque de crédit (HY/ IG) est une des clés.

Voilà pourquoi le fonds investit dans différentes régions ou de dettes (hybrid, senior unsecured, collatéralisée ou même convertible dans certains cas).

Ces trois exemples montrent qu’en prenant un certain risque, ces stratégies offrent des rendements intéressants alors que la plupart des obligations souveraines et même d’entreprises n’en ont pas.

Un investissement partagé entre les trois fonds permet de chercher du rendement dans plusieurs types de dette. C’est ainsi que certains investisseurs tentent de trouver leur bonheur même dans un environnement risqué.