Bien que l'accord conclu par la Grèce avec l'Union européenne le vendredi 22 juin n'ait pas effacé sa dette, il a reporté de dix ans le remboursement les prêts liés à son renflouement et a prolongé leurs échéances de la même durée. Ce faisant, il a considérablement réduit le montant des remboursements jusqu'après 2030. L'accord a également porté le montant de la dernière tranche du renflouement à 15 milliards d'euros, un accord qui n’a pas été facile à obtenir de l'Allemagne, longtemps réticente durant la crise à engager des fonds pour le sauvetage de la Grèce.

Par Christian Zeitler, Head of Central Europe, Legg Mason.

Le président de la BCE, Mario Draghi et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ont tenu des propos élogieux pour saluer cet accord, tandis que les ministres grecs exprimaient leur soulagement, suggérant que le FMI ne tarderait plus à valider cet accord. Les marchés financiers ont réagi positivement, le rendement de l’emprunt grec à 5 ans atteignant 3,33 % – bien loin du rendement de 65,9 % atteint en mars 2012 au plus fort de la crise.

Tout cela devrait contribuer à remettre en perspective les inquiétudes du moment suscitées par les difficultés économiques et politiques de l’Italie. Les obligations italiennes ont peut-être réagi fortement à la plateforme du gouvernement en place, mais cette réaction a été éclipsée par les fluctuations du marché obligataire en Grèce. Il ne s’agit pas de prétendre que les problèmes de l’Italie sont insignifiants ; en tant que quatrième économie de la zone euro, un petit problème pourrait avoir des répercussions importantes sur l’ensemble de la région.

Grèce et Italie – rendement des emprunts d’Etat à 10 ans

Source : Bloomberg, 26 juin 2018. Les données historiques ne garantissent pas les évolutions futures. Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement. Les rendements de l’indice n’incluent pas les frais de gestion ou de souscription. Ces informations sont fournies à titre indicatif seulement et ne reflètent pas les performances d’un placement réel.

En hausse: la liquidité dans le système bancaire chinois

En annonçant le 5 juillet la réduction de 50 points de base du taux de réserve obligatoire (RRRR) à 15,50 %, la Banque populaire de Chine (PBoC) prévoit de remettre 107 milliards de dollars dans le système financier pour soutenir “la conversion de créances en prise de participations et le financement des petites et microentreprises”. La PBOC a pris soin de préciser que ce déblocage n’était pas un relâchement de sa politique monétaire générale, mais plutôt un moyen de financer la “restructuration économique” du pays. Pour souligner ce point, la BPoC exigera que les banques concernées enregistrent chaque swap en détail et le déclarent sur une base trimestrielle. Le RRR a été réduit de 1,0 % à 16,00 % le 25 avril 2017 ; la réduction précédente, de 0,5 % à 17,00 %, a eu lieu le 1er mars 2016.

Sur la diapositive : taux de rendement des Treasuries à 10 ans

Le rendement des Treasuries à 10 ans a brièvement atteint 3,001 % à le 13 juin, à 14h30, heure de l’Est, au début de la conférence de presse du président de la Fed, Jerome Powell, le jour où le FOMC a relevé son taux cible de 25 points de base à 2,00 %. Dix jours ouvrés plus tard, à 21 h 30 le 27 juin, le rendement avait chuté à 2,878 %, soit une baisse de 12 points de base, mettant fin – au moins pour quelques jours – à l’inquiétude de voir niveau de 3 % franchi à la hausse.

L’attention s’est plutôt portée sur le court terme, où la nécessité de financer la croissance des dépenses publiques s’est traduite par une offre abondante de la part du département du Trésor, ce qui a poussé les rendements à la hausse dans la fourchette de 1 mois à 3 ans.

Dans le même temps, le long terme du marché obligataire semble être animé par le scepticisme à l’égard de l’inflation alimentée par la croissance ces prochaines années ; les Treasuries à 30 ans ont augmenté d’un peu plus de 28 points de base depuis le début de l’année, éclipsé par la hausse de 65,4 points de base à 3 ans.
Entre-temps, on ne pourra répondre que rétrospectivement à la question de savoir si ces changements dans la courbe de rendement américaine laissent envisager une récession imminente.