L’industrie financière est particulièrement douée dans l’invention de nouveaux termes liés aux investissements. Certains s’ancrent dans le jargon financier, d’autres disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. La notion “d’investissements d’impact ” ou « impact investments » reçoit ainsi beaucoup d’attention depuis quelques années, malgré le fait que la classe d’actifs existe déjà depuis plus d’une décennie. A en croire la tendance actuelle, le terme va bien perdurer, et il devient ainsi important de comprendre ce qu’on entend par là, et notamment par la notion d’impact.

Les investissements d’impact font partie des catégories plus larges dites d’ESG (Environnemental, Social, Gouvernance) ou d’ISR (Investissements Socialement Responsables) mais se distinguent de celles-ci justement dans l’appréciation de la dimension sociale. Beaucoup de fonds ISR opèrent ainsi sur base d’exclusions mais ne mesurent pas autrement l’effet social qu’ils espèrent atteindre. Leurs investissements se font typiquement aussi dans des instruments cotés dans les pays développés. Ceci à la différence des investissements d’impact, d’habitude définis comme des investissements financiers combinant un rendement financier à un rendement social (“impact”) mesurable, et investissant majoritairement dans les marchés émergents et frontières.

La sous-classe d’actifs la plus établie parmi les investissements d’impact est la microfinance, qui en l’espace de vingt ans est passé de zéro à environ 11 milliards CHF d’actifs, dont une grande partie gérée depuis la Suisse. Différentes sources estiment que le financement des petites sociétés à travers des intermédiaires financiers dans les marché émergents, typiquement exclus du système financier global, a contribué à la création de plus de 20 millions d’emplois, tout en produisant un rendement financier stable et décorrélé. La microfinance confirme ainsi l’adéquation de ces deux objectifs, ce qui en justifie l’intérêt grandissant des investisseurs. D’autres types d’investissement complètent aujourd’hui la microfinance dans la catégorie des investissements d’impact, tous avec la même ambition de produire un rendement social tangible et mesurable, en complément d’une performance financière.

À en juger par l’intérêt d’investisseurs privés autant qu’institutionnels, les investissements d’impact n’en sont qu’au début de leur développement. C’est un très bon signe non seulement pour les pays émergents mais également pour le monde, qui dans les décennies à venir aura besoin de tout l’impact positif possible pour faire face aux défis globaux.

La mesure de la performance sociale est un élément clé de la discussion avec les investisseurs. Symbiotics vient de publier un papier qui explique notre méthodologie appliquée depuis plus de 10 ans.