L'analyse des faits marquants du 3e trimestre par Stephan Patten, Managing Director et Deputy Chief Investment Officer de Sectoral Asset Management.

Stephan Patten, CFA
Managing Director & Deputy Chief Investment Officer

Industrie pharmaceutique

Dans le secteur pharmaceutique, le fait le plus notable a concerné la faiblesse des médicaments génériques liée à la pression constante exercée sur les prix et aux développements cliniques dans le domaine de l’immuno-oncologie. Les plus grands perdants du secteur au cours du trimestre ont été les fabricants de génériques Teva (environ -50%), Mylan, Endo, Valeant, Mallinckrodt et Hikma (tous en baisse d’environ 20%).

Cette faiblesse s’explique par la pression continue sur les prix subie par les activités de base liées aux produits génériques. Ce segment a en effet souffert de la consolidation du marché et de l’accélération des approbations de médicaments sur les marchés des génériques existants, qui ont mis les marges sous pression, couplés au manque d’autorisations de mise sur le marché de médicaments génériques, qui à l’inverse accroît les marges. Si la FDA a exprimé sa volonté d’accélérer les autorisations de mise sur le marché des génériques et de favoriser la concurrence afin de contrôler les prix des médicaments, les approbations de l’agence ont jusqu’ici davantage concerné ce deuxième volet, qui pèse plus sur les marges que le premier, qui est quant à lui favorable aux marges.

Les grandes capitalisations pharmaceutiques ont en revanche enregistré de bien meilleures performances. Bristol-Myers Squibb s’est particulièrement bien comporté (+15%), tandis que GlaxoSmithKline a perdu 5%. Le développement clinique majeur a concerné l’annonce des résultats liés à l’échec de l’essai clinique MYSTIC d’AstraZeneca portant sur l’anticorps anti-PD-L1 Imfinzi de son portefeuille d’immuno-oncologie utilisé dans le traitement du cancer du poumon. Roche a annoncé l’échec de son étude en phase III sur le Lampalizumab dans le traitement de l’atrophie géographique, une maladie oculaire.

Novartis a publié des informations intéressantes quant à son anticorps monoclonal canakinumab, qui a révélé des effets positifs sur le taux de mortalité des patients souffrant d’artériosclérose par le biais d’un traitement anti-inflammatoire neutre en LDL dont l’efficacité n’avait jusqu’à présent jamais été prouvée. Novartis a également bénéficié de la première approbation jamais accordée à un traitement CAR-T (cellules T porteuses d’un récepteur antigénique chimérique) et de la nomination de son ancien directeur médical, le docteur Vasant Narasimhan, au poste de PDG.

Enfin, au cours de ce trimestre, une soirée a été organisée en l’honneur d’Emma Walmsley récemment nommée au poste de PDG de GlaxoSmithKline lors de laquelle elle a exprimé sa vision pour le futur de la société. La soirée a cependant été entachée par la question de la stabilité des dividendes.

Nous restons très sélectifs vis-à-vis des grandes sociétés pharmaceutiques et conservons une approche prudente face aux génériques tant que nous ne constatons pas d’amélioration des fondamentaux. Le secteur se négocie actuellement à un PER sur 12 mois de 15,6x, soit une décote par rapport au PER sur 12 mois du MSCI World (16,5x) et affiche un rendement du dividende de 2,9%.

 

Biotechnologies

La performance des valeurs biotechnologiques a été portée par les grandes capitalisations au cours du trimestre. Les cinq géants du secteur (Gilead, Amgen, Celgene, Biogen et Vertex) ont tous surperformé le Nasdaq Biotech Index (NBI) (6,8%) et ont réalisé environ 70% de la performance trimestrielle de l’indice.

L’évolution majeure est de toute évidence à mettre au compte de Gilead (enfin !) qui a commencé à étendre ses activités avec l’acquisition de Kite Pharmaceuticals, société opérant exclusivement dans le domaine de la thérapie CAR-T, pour 12 milliards de dollars. Cette décision a contribué au développement de Gilead et a attiré l’attention sur les autres grandes capitalisations du secteur.

Les petites et moyennes capitalisations ont publié de nombreux résultats cliniques. Les réussites majeures sont attribuables à Insmed (nouvel antibiotique), à Fibrogen (fibrose pulmonaire idiopathique), et à Zogenix (syndrome de Dravet). À l’inverse, Versartis (hormone de croissance) et Axovant (médicament sous licence GlaxoSmithKline dans le traitement de la maladie d’Alzheimer) ont essuyé des échecs importants.

Enfin, la FDA a approuvé 34 médicaments depuis le début de l’année contre 22 en 2016 et 45 en 2015. Ce chiffre record pose les bases d’une année relativement productive et d’une augmentation des chiffres affaires et des bénéfices dans le secteur. Plusieurs sociétés affichent une bonne dynamique concernant le lancement rapide de nouveaux médicaments, notamment Neurocrine avec Ingrezza, Acadia avec Nuplazid et Biogen avec Spinraza.

Les valorisations restent attrayantes. Les titres des sociétés biotechnologiques rentables se négocient à un PER sur 12 mois de 16,2x, supérieur à celui des sociétés pharmaceutiques affichant une croissance moins rapide (PER de 15,6x). Le ratio cours/ventes du NBI ressort à 6,2x, tandis que sa fourchette historique se situe entre 4x et 10x.

 

Technologies médicales

Le secteur des technologies médicales, coqueluche des investisseurs dans la santé depuis un certain temps, a marqué le pas ce trimestre. Trois facteurs expliquent ce ralentissement: la prudence des investisseurs liée aux valorisations historiquement élevées, le manque d’éléments convaincants quant à la poursuite de la bonne dynamique de croissance dans certains domaines, notamment l’orthopédie, et les incertitudes entourant les perturbations de production dues aux ouragans.

Align, société à la pointe de l’innovation dentaire et Teleflex, société d’équipement médical, ont réalisé de solides performances (+24% et +16% respectivement), tandis que Hologic et Medtronic ont sous-performé (-19% et -11% respectivement). Bien que la plupart des segments fassent état de volumes et de prix convenables, certains acteurs du marché de l’orthopédie, comme ZimmerBiomet, Integra, Nuvasive et, dans une moindre mesure, Stryker, ont connu des difficultés liées aux bénéfices, aux perturbations dues aux ouragans et aux volumes.

Parmi les événements majeurs figurent l’annonce du rachat par Fresenius Medical de NxStage Medical, société spécialisée dans les appareils de dialyse à domicile, pour 2 milliards USD, l’autorisation accordée par la FDA à Abbott pour son système flash d’autosurveillance du glucose FreeStyle Libre, ou encore l’approbation des défibrillateurs IRM-compatibles de Boston Scientific et d’Abbott.

Les valorisations (PER sur 12 mois de 21,1x) ont légèrement diminué, mais restent proches de leurs plus hauts historiques, compte tenu des fondamentaux globalement favorables. Nous conservons une approche prudente en raison des niveaux de valorisation.

 

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