Perspectives et enjeux au niveau mondial pour l'ESG et les investissements responsables.

Par Peter Harrison, Group Chief Executive, Schroders PLC

 

Peter Harrison

Certains sceptiques ont affirmé que l’engouement pour le développement durable allait s’essouffler dès que la situation sur les marchés boursiers deviendrait difficile. Pourtant, alors que j’écris ces lignes à l’issue d’une année 2018 particulièrement mouvementée pour les actifs, notre engagement en faveur du développement durable, à la fois comme entreprise et comme investisseur, reste intact. Le creux de la vague macroéconomique ne peut que mettre en évidence l’importance de réaliser une analyse ESG rigoureuse, afin de séparer le bon grain de l’ivraie.

Je suis depuis longtemps convaincu que les entreprises, y compris la nôtre, ont besoin d’élargir le champ de leurs ambitions sociales. Elles ne peuvent pas seulement aspirer à générer des bénéfices.

En 2018, de nombreux indicateurs ont montré que les entreprises devaient engager des dépenses de plus en plus lourdes pour conserver leurs licences d’exploitation. Les grandes entreprises technologiques semblaient avoir échappé à cette pression, mais elles ont découvert que les beaux jours étaient révolus. L’année dernière, leurs pratiques ont été passées à la loupe, de la sécurité de leurs données à leurs conditions de stockage, en passant par les personnes ou entités avec lesquelles elles travaillent. Il n’a jamais été aussi crucial d’exprimer des objectifs clairs et de se tenir à la hauteur de ces enjeux.

Plus l’ESG prend de l’importance pour les investisseurs, plus le besoin d’analyses rigoureuses est présent. Nous nous engageons à concevoir des outils et des dispositifs internes fondés sur des données factuelles, à mettre en place une analyse systématique, et à tirer profit de l’expertise de nos analystes financiers et spécialistes en développement durable. L’un de ces outils, SustainEx, sera décrit plus en détail dans notre Rapport annuel d’investissement durable. La façon dont cet outil exploite les données pour quantifier les externalités susceptibles d’affecter les entreprises dans le futur nous enthousiasme.

Des impacts très différents selon les secteurs d’activité
Source: Schroders

En 2018, nous avons mené plus de 2200 dialogues liés aux critères ESG. Nous avons par ailleurs conservé notre note A+ dans le cadre des Principes pour l’investissement responsable de l’ONU (PRI), en récompense de notre démarche globale en matière d’ESG, et notre leadership intellectuel a continué de révolutionner le marché. Cette année, nous avons mis l’accent sur les risques physiques associés au réchauffement climatique, et comme en témoigne le nombre record d’ouragans et de cyclones survenus dans le monde, quasiment personne n’est à l’abri.

Nous avons néanmoins conscience des résistances qui empêchent de généraliser l’adoption des principes ESG dans les portefeuilles de nos clients. Notre enquête Global Investor Study a passé en revue certaines barrières toujours présentes sur le marché des particuliers, et a révélé la nécessité d’améliorer les services de conseil et de résoudre les difficultés de compréhension. Il est tout aussi primordial pour les gérants d’actifs tels que nous de définir clairement nos activités, ainsi que leurs répercussions au niveau des entreprises et des fonds d’investissement. Nous espérons que ce rapport aidera à répondre à cette attente.

Enfin, nous avons travaillé avec les responsables politiques du monde entier, dans la mesure où ils cherchent à étendre les marchés des produits d’investissement durable et à renforcer la communication des entreprises dans le domaine de l’ESG. Même si l’attention s’est surtout portée sur l’Europe, nous avons remarqué dans les autres régions une volonté d’intégrer les principes ESG aux décisions d’investissement et nous nous sommes réjouis de pouvoir participer à ces projets.

Pour Schroders, en tant qu’investisseur comme en tant qu’entreprise, le développement durable est essentiel et occupe une place privilégiée au cœur de nos objectifs et de nos relations avec les parties prenantes.

 


Télécharger le Rapport annuel d’investissement durable 2018 (pdf, 60 pages, en français)